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Forts de leur expérience de 15 ans de théâtre de rue, Jocelyne Augier, Bertrand Dessane, Frédéric Marie dit Asse conduisent ILIMITROF’ Compagny
ILIMITROF se définit comme une compagnie tout terrain susceptible de s’adapter à des contextes différents : un jardin, la rue, une usine, un immeuble, un magasin... Ilimitrof ne joue pas « en extérieur » ou « hors les murs » mais dans chaque spectacle la compagnie utilise, adapte, transforme l’espace ou l’objet et le met en situation pour faire vivre au spectateur la fiction.
ILIMITROF est un groupe d’artistes en travail souterrain. Elle rassemble des créateurs de compétence, d’expérience et de génération différentes. Le spectacle est pour nous un moyen de faire émerger un parcours intime et de le partager avec le spectateur.
ILIMITROF se compose de gens déterminés à se rencontrer eux-mêmes pour mieux rencontrer l’autre. Des gens fragiles comme le vent, en danger, et qui marchent. Nous sommes animés par le même désir d’exploration au-delà des frontières, qu’elles soient physiques ou intérieures, intimes ou géographiques, sociales ou culturelles. Portés par notre engagement humain ou personnel, nous allons à la rencontre des gens qui n’osent pas franchir les porte des temples de la culture, de l’autre culture.
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La proposition d’Ilimitrof n’est pas seulement de proposer une fiction mais aussi d’inventer d’autres modes de relation aux spectateurs, d’autres modes de relation imaginaire.
Ainsi dans nos spectacles, l’artiste est souvent « mélangé » aux spectateurs. Dans une proximité parfois troublante, il s’adresse directement à lui par différents moyens (un geste, un mot, un texte,…) afin d’établir un contact sensible, sans faux-semblant et sans violence. Il l’incite, l’encourage et l’invite à s’approprier la fiction, à devenir un partenaire actif.
Accompagné par l’artiste, le spectateur est amené à suivre un parcours particulier ou invité à faire son propre chemin dans le spectacle. Les couples sont parfois séparés, les amis plongés dans des espaces différents. Ainsi, chacun ne vit pas et ne voit pas la même chose que son voisin. Le spectateur est mis en situation « d’exception » pour l’aider à plonger avec nous dans la rencontre. Il danse ou ne danse pas ; il parle ou ne parle pas ; il boit ou ne boit pas ;il touche ou ne touche pas ; il accepte ou n’accepte pas. Ilimitrof désire faire vivre une expérience qui donne envie d’aller vers l’autre.
Ils sont des forces de proposition et de création et non de simples exécutants ou interprètes. Ils sont accompagnés «d’un chef d’orchestre ». Chacun est porteur de son propre message, de sa propre expérience. Son implication est déterminante dans la proposition artistique.
Le travail de la compagnie les amène à pouvoir répondre aux sollicitations directes du spectateur, en restant dans les marques de la fiction et du texte. La capacité de l’artiste à établir le contact dépend de sa capacité à inclure l’autre dans la relation. Le spectateur ne sait plus très bien si c’est un comédien ou « l’homme » qui s’adresse à lui. Dans ce travail relationnel délicat, l’artiste est souvent à la limite de la frontière entre lui-même et le personnage qu’il incarne.
C’est une des raisons pour laquelle les créations d’ILIMITROF‘ Compagny explorent des chemins parallèles ou détournés. Au cours du travail, nous proposons aux comédiens d’expérimenter et de tester des scènes du spectacle sur des spectateurs avertis, invités dans des chantiers public de création.
Mais pour que tout cela « marche » un metteur en scène ou plutôt: « un chef d’orchestre » est nécessaire. Il assure un regard extérieur et est le garant des parties pris et de la cohésion. Dans chaque spectacle, Ilimitrof choisit un « référent » susceptible d’assurer cette fonction ardue et essentielle.
La parole dite, le langage et le sens des mots est une préoccupation constante de nos créations. La compagnie travaille avec un écrivain qui imprègne, « l’ensemble de sa patte », de son style.
Mais nos spectacles s’appuient avant tout sur la proposition d’un thème de départ Dans ce choix, chaque artiste a une place essentielle. Ensuite l’écriture peut être individuelle et collective car elle naît d’improvisations, de fragments de textes personnels ou d’auteurs proposés par les artistes. Cette étape est importante car l’écrivain s’imprègne, collecte, rassemble, organise, adapte, transforme et propose une trame stable. (Pour « Les Triportés » et « Les Edenistes » on retrouve aussi bien des fragments d’auteurs comme Shakespeare, Michaux que les écrits des comédiens)
Dans ce cheminement, il arrive aussi parfois que l’adaptation d’ un texte existant s’impose à nous.(Pour « Interférences Chinoises part 1, marions- les », dans le cadre du thème du mariage nous avons travaillé avec Christian Devèze et Marie Triboulet sur une adaptation de la laideur récompensée de LI YU auteur chinois et des improvisations ; dans « Interférences Chinoises part 2 », nous travaillerons sur George Dandin de Molière) .
La compagnie travaille avec un scénographe et un compositeur qui s’imprègnent du contexte mais aussi coordonnent les propositions. Pour nous la scénographie et la musique sont médiatrices de la fiction et de cette relation humaine particulière. Elles assurent le lien en mettant le spectateur dans un contexte.
L’espace scénographique et sonore sont des éléments déterminants du spectacle. La scénographie et la création sonore sont là pour transformer le regard sur un lieu quotidien et lui faire prendre un autre sens.