7 juillet 2008

résidence ville de Brons “LE PROGRES” juin  2008

un spectateur

25 avril 2008

« Quand la lune se lève… »

Ilimitrof Compagnie

 

Représentation du jeudi 23 août 2007

22ième Festival International d’Aurillac

 

 

« Quand la lune se lève… » est la proposition artistique qui m’a le plus surprise et touchée lors de cette édition du 22ième  Festival d’Aurillac. Cette forme inhabituelle et très contemporaine, mais étonnamment universelle par la palette d’émotions intimes et intenses, permet à chaque spectateur de construire son propre cheminement.

Je tenais à vous exprimer par cette lettre mes impressions sur votre dernière création.

 

Le rendez-vous est donné à la gare d’Aurillac. Là, des bus de ville nous attendent. J’aime les surprises. Partir pour un ailleurs inconnu excite ma curiosité.

On me délivre une carte d’embarquement…je pars pour Moon Highway !

Arrivée sur place, on se retrouve au milieu de nulle part, il fait nuit. Une sorte d’entrepôt apparaît au bout du chemin …

 

Un funambule surgit et traverse la foule, perché sur les barrières de la file d’attente, en susurrant des phrases poétiques.

Il frappe soudainement à la porte et nous pénétrons à l’intérieur d’un immense espace empli de sonorités contemporaines « électro-asiatiques » dans une ambiance lumineuse électrisante.

Une hôtesse chinoise m’offre à boire. Je ne sais plus ou regarder, il se passe une quantité d’actions simultanées : un DJ singulier, des danseuses, deux barmans avec un plateau surmonté d’une étrange gelée nous propulsent dans la foule.

Je crée mon propre parcours au milieu de ces multiples  propositions ludiques et décalées. L’ambiance monte, les spectateurs se prennent au jeu. Les frontières entre jeu et réalité sont brouillées. Je deviens la reine de la soirée, on me photographie. Je danse. Il y a un chanteur chinois. Les cultures occidentales et chinoises s’entremêlent  et viennent perturber mes codes habituels. Je me laisse envahir par cette atmosphère trépidante.

 

Soudain, une femme passe à travers la foule, le dos courbé sous une montagne de caisses. Puis, les personnages se transforment un à un, en ouvrier sans doute clandestin, d’une chaîne de fabrication textile. Transition. Basculement.

Une à une, les caisses de transport qui habitaient l’espace se transforment en boite ou chaque acteur semble vouloir nous transmettre une part de lui-même, intime, douloureuse ou poétique …

Je déambule de boite en boite, intriguée de ce que je perçois, avec une soif de ne rien manquer, avide de leurs confidences. Personne ne semble indifférent. J’ai aussi envie d’aider cette femme prise au piège des élastiques de sa caisse…

L’émotion monte, puis soudain des oreillers se mettent à voler. Rire et joie enfantine du public qui semble prendre un malin plaisir à cette bataille d’oreillers !

 

Des sonorités aquatiques chinoises sont jouées en directe et transforment progressivement l’atmosphère. Le public est alors invité à s’installer au sol, sur un oreiller, dans la contemplation du funambule qui traverse à présent l’espace avec agilité au-dessus de nos têtes.

Une étrange quiétude m’envahit doucement. Je pars dans mes rêveries…. et c’est déjà la fin de ce voyage aux frontières du réel et de l’imaginaire.

 

Merci Ilimitrof !!

 

Julie Mercier

Chronique FAI AR 2007-2009

 

 

 

 

résidence ville de Brons “LE PROGRES” 25 03 2008

17 avril 2008

résidence ville de Brons “LE PROGRES” 25 03  2008

RESIDENCE VILLE DE BRON QUARTIER TERRAILLON 2008-2009

26 janvier 2008

 

PROJET CULTUREL DE CREATION AVEC DES RESIDENTS DE BRON, POPULATION A CARACTERE MULTICULTUREL ET INTERGENERATIONNEL

 

 

 1 - Problématique de la résidence

 

Un temps d’analyse de la situation du quartier de Bron Terraillon nous est apparu indispensable et déterminant pour mettre en place les objectifs artistiques de notre résidence de création sur ce territoire. En cerner les réalités et les questions qu’elles soulèvent, c’est répondre à notre volonté de construire un projet artistique au plus près de la vie de la population et de ses préoccupations.

 

 A - Analyse du territoire bron térraillon

 

 Le quartier concerné par notre résidence présente certaines caractéristiques fortes :

 

- Quartier urbain ayant un mode d’habitat moderne composé de barres d’immeubles ainsi que de petites maisons ouvrières rénovées avec des appartements allant du FI au F5 favorisant une diversité sociale et familiale (allant de la personne seule aux familles ayant 5 enfants)

 

- Le quartier a pour caractéristique d’être divisé en 2 zones distinctes (situées de part et d’autre de la rue …) : l’une étant investie par des copropriétés aux populations de classe moyenne,   l’autre étant occupée par des HLM habités par des populations aux revenus modestes et aux origines différentes

 

- Une frontière non dite existe entre ces deux zones créant une source de tension visible.

 

- Un important projet de renouvellement urbain du quartier, avec démolition d’immeubles et nouvelle redistribution des logements et donc de leurs occupants, est source d’inquiétude dans la population, entraînant sa démobilisation ainsi que celle du tissu associatif et des différents acteurs professionnels.

 

- Une zone-frontière entre les deux quartiers constituée par la place du marché assure un trait d’union entre les différentes populations ; en quelque sorte le seul endroit de  rencontre des populations diverses.

 

C’est sur cette place et ses alentours que se déroule annuellement la Fête du Quartier axée ces dernières années sur les arts de la rue . C’est la seule manifestation servant de point d’ancrage. S’apparentant d’abord davantage à une kermesse de fin de saison, elle donne lieu aujourd’hui à une véritable démarche culturelle et artistique.

 

B - Analyse sociale et économique du quartier

 

Le quartier de Bron Terraillon est composé de classes sociales diverses ayant du mal à dialoguer. La tension sociale sous-jacente se caractérise essentiellement par des conflits religieux  et économiques. La population aisée a tendance à s’enfermer dans des zones surprotégées par des grilles. Une partie de la population maghrébine tend à suivre les chemins d’un fondamentalisme rampant. Et des fossés se creusent entre certaines couches de la population qui se replient sur elles-mêmes : fossés d’incompréhension et d’intolérance

 

2 -  Qualité du partenariat

 

Notre  travail  s’appuie sur le partenariat  principal du centre social de Bron Terraillon.  Y sont également associés les associations du quartier, la Sauvegarde de l’Enfance, le Centre Léo Lagrange, La MJC et les services municipaux.

 

A notre sens, l’efficacité d’un partenariat dépend d’une bonne définition des rôles et des actions de chacun.  La frontière entre savoir faire artistique et compétence sociale doit être clairement établie et formalisée .

 Le rôle d’un artiste en création est un rôle de médiateur de l’imaginaire  en relation avec la problématique sociale économique et philosophique d’un territoire donné. Il est le témoin d’un quotidien et sa mission artistique est de sublimer celui-ci pour le projeter dans son univers. 

 Son action et son investigation ne peuvent se faire sans la volonté et l’appui d’acteurs sociaux forts qui mettent alors leur expérience et leur connaissance du tissu social au service du projet artistique, coordonnant secteurs d’intervention, groupe de participants et moyens logistiques.

 

 La mise en commun de ces énergies est le seul moyen d’assurer une transversalité des actions où chacun participe à une dynamique commune de création mais où les frontières entre action artistique et social sont bien délimitées. Cette synergie ne peut se faire que dans un esprit de confiance réciproque et d’ouverture au dialogue.

 

3 -  Objectifs poursuivis

 

L’analyse purement économique nous propose souvent une vision déshumanisée des échanges, présentés comme une menace pour la société, sa culture et son développement.

C’est oublier que les échanges entre les différentes couches de la population et les sociétés sont sources de rencontres et de lien social, de création, d’enrichissement social et humain.

 

«Il n’y a qu’une espèce valide de voyages, qui est la marche vers les hommes »  Paul Nizan.

 

C’est ce travail sur l’humain qui nous intéresse donc avant tout.

C’est pourquoi notre démarche a toujours été d’explorer des territoires peu ou pas investis culturellement, d’aller à la rencontre de publics différents de ceux qui fréquentent habituellement les lieux collectifs de la culture, d’approcher des vécus et des histoires permettant de nourrir et de revivifier sans cesse notre réflexion et notre pratique artistiques.

 

Mettre en œuvre un projet culturel avec des habitants, dans le cadre d’une résidence ,  c’est aussi proposer un échange : offrir nos compétences d’artistes à l’expression de leurs désirs, de leurs craintes, de leur expérience de vie.

 

C’est également enrichir nos « identités » respectives dans « l’autrement »,

chacune  se renvoyant à elles-mêmes son image,   dans un processus constant d’évolution par la mise en ré-interrogation  de leur fondement à travers cette confrontation entre artistes et habitants d’un quartier.

 

Nos intentions :

 

-       Favoriser la rencontre avec des populations et entre des populations très différentes et permettre des opportunités de désenclavement d’un quartier sur la commune, mais aussi d’une commune sur l’agglomération lyonnaise.

-       Confronter les individualités, les histoires, les intimités dans le respect mutuel et ouvrir à la diversité des cultures et des modes d’expression

-       Susciter chez ces personnes un désir de ré-appropriation de leur environnement en leur redonnant la parole, un pouvoir d’invention et de transformation

-       Donner la possibilité à ces personnes de fabriquer leur propre langage artistique, les aider à construire et se construire en valorisant tous les talents et apports culturels particuliers dans la création contemporaine

-       Inventer avec elles des modes d’expression et des formes artistiques susceptibles à échanger avec la communauté locale pour renouer un dialogue parfois interrompu entre ses membres

 . 

Thème de la résidence : les frontières à passer

 

 

Aujourd’hui plus que jamais, il nous semble essentiel de poser la question de la frontière. Cette notion qui prend tour à tour le sens de limite, de seuil, de fin, de marge, de passage, concerne à la fois la notion d’espace, mais aussi celle de temps.

 

 

les nouvelles frontières

 

Notre société  connaît depuis plusieurs années une ouverture sans précédent des frontières avec la constitution d’un territoire élargi : l’Union Européenne, rassemblant une trentaine d’états se voulant « unis dans la diversité » tant sur le plan humain, qu’économique, politique et social.  Cette Europe s’inscrit elle-même dans un processus de mondialisation, évoquant la notion d’un monde uni, d’un monde formant un village planétaire, d’un monde sans frontière. Ces mouvements de tentatives d’unification se traduisent aujourd’hui en termes essentiellement économiques et financiers. Ils ont conduit paradoxalement à une prise de conscience de la diversité culturelle et  des différences de représentation du monde qui l’accompagnent, en particulier avec le développement de réseaux d’information et de communication. La mondialisation de l’économie désagrège les anciennes régulations, nationales et sociales ; le triomphe du numérique et de la cyberculture nous précipite dans un univers virtuel plus étrange encore (et plus inconnu) que ne pouvait l’être jadis, l’Amérique des découvreurs du Nouveau Monde.

On connaît aujourd’hui les débats polémiques que cette évolution soulève : risque d’appauvrissement de cette même diversité à travers la conception d’une « culture commune » marquée du sceau de certaines nations dominantes économiquement et politiquement. Parallèlement, on assiste en réaction à des montées de nationalisme et d’intégrisme.

 

Plus radicalement encore, la révolution génétique, qui ne fait que commencer, bouleverse les rapports que l’homme entretenait avec lui-même. C’est sur sa  propre identité, désormais, sur l’espèce et sur ce qu’il y a d’humain en chacun qu’il peut intervenir.

Mais pourquoi cela fait-il si peur ?

Parce qu’il nous semble que, face à tous ces bouleversements, nous n’avons pas ou peu de prise. Ni les politiques, ni les philosophes, ni les intellectuels ne paraissent plus en mesure de penser véritablement ces changements. Ni, a fortiori, de les piloter. Cela va trop vite. Cela va plus vite que la pensée elle-même.

 

Peu à peu, l’idée s’est installée en nous que nous vivions dorénavant dans un monde «impensé» et «immaîtrisé». Ce double sentiment d’impuissance génère en nous des angoisses qui sont autant de lignes de fronts ou encore de nouvelles frontières.

 

Nous en entrevoyons quelques-unes :

 

- La première frontière, c’est celle qui sépare l’homme de l’animal : elle nous apparaît au travers des questions que posent les recherches sur la génétique.

- La seconde frontière questionne les rapports qu’entretiennent l’homme et la machine : les nouvelles techniques comme la nanotechnologie, les cellules machines et toutes les formes d’intelligence artificielle reculent les limites entre l’inné (« le naturel ») et l’acquis (l’artificiel ou le « rajouté »)

- L’homme n’est pas quantifiable comme une « chose ”. En le quantifiant ou en le faisant rentrer comme un simple objet de statistique au même titre que n’importe quel objet ou matière nécessaire au fonctionnement de l’économie, il semblerait qu’on limite ou fasse reculer le principe d’humanité

- Une dernière frontière sur laquelle s’attarder, pourrait s’énoncer comme cette tentation qui conduit certains à accepter que l’homme soit, en quelque sorte, «en voie de disparition». Cette hypothèse, comme d’ailleurs la théorie du « non soi » pourrait s’avérer plus grave qu’elle ne parait parce qu’elle laisse tout simplement de côté une question centrale : s’il n’y a plus d’homme et s’il n’y a plus de sujet, comment pourrons-nous parler de droits de l’homme ?

Et si nous sommes convaincus que le cerveau de l’homme n’est rien de plus qu’un ordinateur, comment ferons-nous demain pour expliquer qu’il est plus grave de tuer un homme que d’éteindre un ordinateur ?

 

 

 

FRONTIERE ET IDENTITÉ

 

 

 

L’organisation du monde est fondée sur une logique mathématique. Elle fait coexister des sous-ensembles définis à l’intérieur d’un certain nombre de frontières qui, selon le point de vue qu’on adopte, se constituent en blocs géographiques, ethniques, linguistiques, économiques…

Très souvent, le franchissement de la frontière crée un « événement ». Cet événement est par définition révolutionnaire car il bouleverse l’organisation des sous-ensembles. Il en bouleverse la séparation préalablement établie, il remet en cause la hiérarchisation de l’espace en modifiant son agencement et rend perméable la séparation (la frontière) entre les sous-ensembles.

Quand ce franchissement de frontière est effectué par un être humain, la question de son identité est inévitable : devenu un « personnage » mobile, pendant le temps du franchissement, il doit, une fois rejoint le nouvel espace, accepter d’y devenir immobile. Mais cette immobilité est source de conflits tant internes qu’externes, tant matériels que psychologiques et constitue le creuset des questions et des problèmes habituellement reconnus en termes « d’adaptation », « d’intégration » et en dernier recours « d’assimililation ».

 

 

La frontière comme élément qui sépare ou démarque, est ce qui permet la reconnaissance et la rencontre de l’autre. Ne serait-ce que parce que  rencontrer l’autre, c’est faire l’expérience de sa propre corporéité (c’est un des stades constitutif et fondamental du développement de l’enfant).

En ce sens, elle n’est pas seulement une limite contraignante mais la condition nécessaire pour accéder au concept de l’être, à la pensée d’identité, à la constitution d’un psychisme permettant une vie intime et une vie sociale.

 

Mais pour autant, l’individu ainsi constitué, n’en est définitivement mis à l’abri, ni même armé, pour éviter à tout jamais la rencontre, voire même la confrontation avec de nombreuses frontières susceptibles de se présenter à lui au cours de son existence.

Et ces frontières peuvent se présenter comme autant d’obstacles ou de murs à franchir.

En terme psychologique, la question qui surgit alors est : comment faire pour que ces frontières ou murs à passer ne se transforment pas en une série d’impossibilités ?

Comment faire pour « combattre les murs » et trouver le chemin qui aiderait à passer des frontières sans murs.

La frontière, si elle est assurément cette barrière artificielle qui sépare les états et les hommes qui y vivent, trouve son équivalence psychologique en une limite qu’il faut passer et qu’on ne traverse jamais sans angoisse.

Angoisse de l’inconnu, peur de la solitude et de « l’étrangeté », de l’étranger, dans un monde inconnu où l’on devient « l’autre » doublement parce qu’on s’y incarne manifestement comme différent, comme le « pas pareil » par sa langue, son apparence, ses mœurs, sa culture…

Cette angoisse naît au cœur de tout être qui éprouve cette tension entre ce qui le rend « unique » et ce qui le rend « semblable » à l’autre et pourtant parfois si « dissemblable ». Et si dans les conflits de l’expérience individuelle, le « Je » renvoie à « l’autre », le « Nous » renvoie à « Eux » dans l’expérience collective.

 

 

 

Ainsi, s’interroger sur la frontière, c’est poser la question de l’identité.

Dire la frontière, c’est s’interroger sur son identité face au monde.

 

Cette double interrogation fera l’objet de notre travail en résidence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PROJET CULTUREL ET ARTISTIQUE DE LA RESIDENCE

 

On se projette dans l’avenir à partir de ce qui nous constitue, de notre héritage,…

 

L’idée de ce projet est, dans un premier temps, d’interroger les habitants et de leur proposer de s’exprimer sur ce qui constitue leur identité : identité personnelle, familiale, locale (à travers leur appartenance au quartier Bron Terraillon), nationale et mondiale.

 

 

…., mais cela demande le dépassement de notre identité.

 

Simultanément, il s’agit d’imaginer avec eux le franchissement de cette frontière qu’incarne la définition de leur identité d’être singulier pour aller vers l’autre tout aussi singulier.

 

Entre les tenants du rétablissement de la norme et les partisans de sa disparition, la voie est étroite ; elle exige pourtant d’avancer sur deux fronts : celui de la singularité et celui de l’universalité. Singularité au sens d’une capacité à prendre en compte et reconnaître la spécificité des nouvelles identités sociales et spatiales dans leurs rapports au corps social, à la ville. Universalité, au sens d’une exigence de refondation de l’urbanité -non plus au travers de l’octroi de droits minima pour des banlieues hors droit- mais via la réinvention de droits de plein exercice, accessibles à tous les citadins.

 

Dans un deuxième temps, il s’agit d’inventer un nouveau territoire d’urbanité où il ne s’agit pas tant de réduire l’écart entre des populations à caractère social, culturelle et ethnique très différents, mais plutôt de décloisonner, de rétablir de la fluidité et de la porosité entre ce qui sépare, souvent dans l’indifférence, l’intolérance, parfois la violence.

 

Connaître et reconnaître les singularités. En témoigner pour amener une meilleure connaissance de cet autre « l’étranger » et sortir de manière de voir qui finissent par s’imposer à tous : « le vilain émeutier de banlieue », « le musulman terroriste », « le jeune irresponsable »… Permettre aussi à chacun de trouver la reconnaissance de ce qu’il est  pour mieux reconnaître l’autre et trouver ainsi sa capacité à exprimer son intention transformatrice, ses possibilités créatrices d’être et de vivre « autrement » plutôt que de découvrir un idéal à construire.

 

METHODOLOGIE DU PROJET :

 

Pour ce projet, nous nous situons dans une démarche de participation avec les habitants, et de concertation avec les partenaires, en particulier avec les personnes ressources du Centres Social, qui connaissent bien le terrain.

 

Nous ne souhaitons pas pré-définir à l’avance  « un produit » artistique, mais plutôt nous inscrire dans un processus créatif. Il s’agit donc plutôt de proposer un territoire d’exploration sur cette thématique de « frontières et identité », notre démarche restant toutefois orientée par les axes de notre réflexion artistique de compagnie :

 

-   rapport de proximité et d’intimité avec le spectateur

-   un spectateur partenaire de la fiction qui lui est proposée plutôt que spectateur « voyeur » « consommateur »

-   ritualisation du passage du quotidien à l’imaginaire, du réel à la fiction

-   intégration de l’espace urbain dans la création

-   privilégier la poésie et l’onirique.

-   Proposer des points de vue différents, chaque spectateur ne voyant pas tout à fait le même spectacle

 

Notre volonté est donc de rester ouverts et par là-même d’élargir notre propre territoire d’artistes créateurs par la rencontre avec ces « étrangers » de Bron Terraillon…. Sans y perdre notre identité de compagnie.

 

Ce projet sera piloté par un comité de 4 personnes : un musicien, un écrivain, et deux metteurs en scène/comédiens.

 

S’y associeront ensuite une scénographe, une costumière puis des comédiens professionnels.

 

La période de cette résidence est prévue sur trois ans.

L’objet de notre proposition concerne l’année 2008, notre intervention débutant en janvier 2008 pour se développer jusqu’en décembre 2008.

Deux temps forts sont envisagés :

-       En juin, la fête de quartier dans laquelle vont s’inscrire des représentations de la création née de notre projet culturel et artistique

-       En décembre : nouvelles représentations avec proposition d’un nouvel angle de vue artistique sur la thématique proposée.

 

LES ETAPES DU PROCESSUS CREATIF JUSQU’EN JUIN :

 

La mise en œuvre de ce projet de création en théâtre de rue  à caractère multiculturel, intergénérationnel et pluridisciplinaire se déroulera en différents modules :

-       Des modules de collecte

-       Des modules de micro création

-       Des moments extra-ordinaires :

-       Des ateliers : de jeu, d’écriture, de musique, d’arts plastiques, de réalisation de costumes

-       Réalisation d’un film vidéo

-    Des modules de répétitions donnant lieu aux représentations

 

Les modules de collecte

Janvier : Collecte auprès des habitants autour de la notion d’identité. Celle-ci se fera en différents lieux du quartier :

                   . Centre Social , Etape, La Pagère, La Caravelle, Salle Elise Deroche

                   . La place du marché avec l’installation d’une caravane 

                  

et sur deux plans, celui du réel et celui de l’imaginaire sous la forme :

                            . d’entretiens filmés et enregistrés à partir d’un questionnaire en

direction d’un échantillonnage d’individus représentatifs du quartier

         . de lectures « inachevées » de contes et de textes parlant de la frontière au cours desquelles il sera proposé aux auditeurs d’imaginer la suite de l’histoire. Elles s’adressent aux enfants aux femmes et aux seniors

 

Les modules de micro-création

Février : Nouveau type de collectage donnant lieu à des propositions artistiques :

                            . Un atelier de recherche autour du thème « passer la frontière » : discussions, échanges, improvisations allant jusqu’à la création de personnages et de microfiction - Pour 15 participants d’un public intergénérationnel et représentatif de la multiculturalité du quartier

                            . Un bureau d’enregistrement d’objets identifiants : collecte d’objets « personnels » et de récits singuliers s’y rapportant donnant lieu à l’écriture de textes et à l’élaboration d’une « ventes aux enchères » - accueil de jeunes, femmes et seniors en individualité, en couple, en famille, en groupe.

                            . Construction d’une installation sonore constituée d’outils et de machines de télécommunication que les habitants s’approprieront et détourneront de leur fonction: collecte de sons, bruit, musique donnant lieu à diffusion sur mur d’écrans TV , via un dispositif de téléphones…

                            . Un atelier d’écriture autour de « Ma frontière c’est…. »

 

Chacune de ces propositions se déroulera sur cinq temps d’ateliers avec l’aboutissement sur une microproduction artistique

 

Les moments extra-ordinaires

Mars/ Mai/Septembre : Organisation de soirées-évènements « Aux frontières de l’imaginé » avec présentation de microfictions, donnant lieu à des  temps de rencontre et d’échanges

 

Les ateliers

A mi-parcours, en mars, après un travail de réflexion et d’écriture du projet dans tous les aspects de sa conception (musique, scénographie, costumes..), seront organisés des ateliers réguliers. en fonction de l’orientation donnée au projet : musique, théâtre, écriture, plastiques, costumes.

Parallèlement, mise en intervention et participation de certains groupes du Centre Social : atelier cirque, chant, danse…. - Réalisation d’un film vidéo

 

Les modules de répétition et Jeu

 

Juin

3 temps de répétitions collectives professionnels et amateurs sur le site du spectacle avec une mise en relation avec le public permettant d’une,part une confrontation au jeu en espace urbain pour les actants et d’autre part une sensibilisation du public à l’événement de juin – 2 week end et dans la semaine de représentation  : 3 jours de répétitions et représentations finales le jour de la fête de quartier (date à préciser).

Décembre

Même principe d’organisation avec réalisation sous forme d’expo vivante interactive reprenant des éléments de la création de juin et diffusion du film

 

 

 

 

 

QUARTIER DE LUNE

30 novembre 2007

Amoureux de poésie, insomniaque de pleine lune, promeneur noctambule, vous organisez une soirée sous les étoiles, une manifestation poétique, une fête de la lune ou un voyage au bout de la nuit

 

                        Vous propose

 

“Quartiers de Lune”

 

Une flânerie poétique sous le ciel nocturne à travers un ou plusieurs univers proposant des moments doux, sensibles, parfois étranges, voire inquiétants.

 

Une invitation à prendre le temps, de rêver, d’aimer, de s’immerger dans une onde de calme, loin de l’agitation de notre monde.

 

Une occasion de retour à soi, à l’autre, enveloppé par le son mélancolique d’un fuluzze, la rumeur joyeuse de jeunes chinois ou les accents sensuels d’un tango.

 

Une proposition à « être » plutôt qu’à faire, seul parmi les autres, ensemble avec les autres, acteurs ou spectateurs ; se laisser toucher, se laisser danser, se laisser hurler à la lune.

POUR VOIR LA VIDEO :EN HAUT A DROITE RUBRIQUE BLOBISTE 

la vidéo du spectacle Quand la lune se lève PART1 AURILLAC IN 2007

27 novembre 2007

« Quand la lune se lève…» est une création collective, une aventure franco-chinoise, une sorte d’emboîtement d’univers qui débute dans la frénésie d’une boite de nuit pour un parcours déambulatoire et déroutant… !

 

Nous l’avons présenté en juillet / août 2007 au Festival Charivarue de Cherbourg et au 22ème Festival international de Théâtre de rue d’Aurillac IN.

 

Descriptif dramaturgique 

  

Le public est convié à un voyage intemporel « Quand la lune se lève …. »

Rendez-vous pris - Il monte ensuite dans des bus dont les vitres sont obstruées et semble s’embarquer avec des instructions de départ pour Moon Highway.

 

Arrivé à destination, un fil de fériste conduit les spectateurs à l’entrée d’une boite de nuit où ils en découvrent l’atmosphère trépidante avec lasers, danseuses, strip-teaseuse, transformiste, et pleins de propositions d’acteurs, ludiques et décalées…

 

La fête bats son plein mais petit à petit, l’espace se transforme en un atelier de fabrication d’oreillers avec la mise en route d’une chaîne de production – et puis tout s’emballe – les oreillers volent et tout d’un coups - silence, noir - tout s’arrête !

 

On retrouve chaque acteur solitaire, installé dans sa boite, et notre public circule alors de l’une à l’autre découvrant ainsi tous ses différents étonnants univers.

 

Puis un musicien installe un wok, des sons en direct surgissent de part et d’autre et amène le public à s’installer tranquillement au sol où il découvre en hauteur - un homme qui chemine sur un fil, invitant chacun à rejoindre un espace de calme et de ressourcement.

___________________

Ilimitrof’Compagny dans cette création, invite à rompre avec les habitudes consuméristes de notre société en tirant profit de la nuit et des singularités régénératrices de l’alchimie lunaire, pour vivre différents états intérieurs ou extérieurs, chargés d’émotions, de sensations fortes et ainsi de rejoindre un état de silence habité …

 POUR VOIR LA VIDEO VOIR A DROITE DE LA PAGE

RUBRIQUE BLOGOLISTE:http://www.dailymotion.com/video/x3lg0g_ilimitrof_creation

 

QUAND LA LUNE SE LEVE AURILLAC IN

4 octobre 2007

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QUAND LA LUNE SE LEVE AURILLAC IN

4 octobre 2007

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QUAND LA LUNE SE LEVE AURILLAC IN

19 septembre 2007

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AURILLAC 2007

14 septembre 2007

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